Comme quand on était p’tits : les bugnes

Quand on était p’tits, dans nos montagnes, on salivait chaque année à l’approche de la saison des bugnes, autour de Carnaval. Les parents nous embarquaient en voiture, nous passions prendre Tatan Solange et Tonton Marcel, dans le village d’à côté, et nous nous tapions tous à pied la pente raide qui menait à la ferme de la famille de Tatan Solange. Boudiou que c’était raide ! Heureusement il y avait toujours un petit arrêt à la fruitière. Boudiou (bis) que ça sentait bon !

Parlant de fruitière, j’ai un autre grand souvenir devant ce lieu, bien des années plus tard. Tonton Marcel, s’appuyant désormais sur sa canne, et moi, avions grimpé lentement la côte pour être bien placés au moment du passage du Tour de France. Enfin les voilà, précédés par une voiture radio beuglant : « attention laissez passer le bouton d’or du cyclisme français ! ». J’en ris encore et encore, à revoir le « bouton d’or » mais surtout à revivre le moment où Tonton Marcel, pleurant de rire à grosses larmes, dû s’assoir sur un tas de meules de fromages pour reprendre son souffle. Le pire quand même c’est que je ne sais plus trop de quel pédaleur il s’agissait… Thévenet ?

bugneRevenons à nos bugnes. Une fois tout là-haut on entrait dans la cour de la ferme, évitait le chien de garde, poussait la porte et au bout du long couloir qui longeait l’étable on arrivait dans le pèle (salle commune) sombre où la maman de Tatan Solange, toute courbée, s’attelait à la cuisson des bugnes sur son petit fourneau à bois placé au centre de la pièce.

Une poêle, de l’huile, de la pâte à bugnes savamment brassée, du sucre glace pour la fin, je ne vous dis pas, c’était succulent et la mémée y passait des heures tant, entre les cousins, la famille et nous, il y avait de voraces à combler. Jamais rien mangé d’aussi bon.

Et puis ce moment là, c’était aussi l’apparition des premiers perce-neige, quelle merveille après tout ce froid, tout ce gel, toute cette neige…

PS : Je sais ! Cet article est en retard, ou en avance… pas grave.

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2 thoughts on “Comme quand on était p’tits : les bugnes

  1. ton bouton d’or c’était pas Poulidor ? C’est le seul nom gravé dans ma mémoire remarque ! Apres ton histoire (que j’adore !!) de bugnes je crois qu’ici il va y avoir des beignets aux pommes cet aprèm…
    psstt : c’est ou ta montagne ou on trouve des meules de fromages comme tabourets ??

  2. Ah peut-être oui !!! Je ne sais plus trop. Nous étions en Haute-Savoie il y a un bail maintenant et il y avait une ou plusieurs petites fruitières dans chaque village et mon Tonton Marcel était connu de tout le monde, il avait le droit de poser ses fesses n’importe où :o)))

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