MJ Masson : Souvenirs de gosse (21)

Notre grand reporter perrotin et d’ailleurs, d’ailleurs, nous fait le grand honneur d’une chronique de “souvenirs de gosse”. Les illustrations sont issues des trésors de Michel Jack auquel La fargussienne et ses lecteurs du monde entier adressent un chaleureux M.E.R.C.I !

Souvenirs de gosse (21)

J’en reviens à mes bêtises et tours pendables de ma pauvre jeunesse, enfin pas si pauvre que cela car je savais employer mon temps aux découvertes du coin, et même quelques fois un peu plus loin.

À côté de la maison il y avait une grande mare au milieu d’un champ, pas très profonde mais on n’a jamais risqué de s’y baigner avant d’être grands. C’était à l’origine une carrière de pierres, elle descendait en pente vers le front de taille. Les parents nous avaient dit et répété qu’on s’y noierait à coup sûr car il y avait comme une sorte d’aspirateur au milieu et nous serions aspirés sans pouvoir nous en sortir.

Bien plus tard, quand j’ai appris à nager, je l’ai traversée sans rencontrer d’aspirateur. Bien sûr, j’avais depuis compris qu’il fallait faire peur aux enfants, inconscients du danger, pour ne pas qu’ils se risquent à faire des découvertes dangereuses. C’est comme cela les parents.

Cette mare portait le nom de Martinerie, pourquoi ? J’ai appris plus tard que dans les temps anciens on ajoutait ERIE du propriétaire pour la différencier des autres, ainsi Martinerie est la propriété de Martin, tout comme Barantonnerie est la propriété de Mlle Baranton.

Cette mare était une manne pour nous autres. Nos  prédécesseurs y avaient lâché des petits poissons (carpes, tanches, gardons) qui avaient proliféré et nous, nous allions y pêcher leurs descendants, certains étaient de tailles respectables. Mais il y avait aussi des grenouilles, elles étaient venues toutes seules et à cette époque (ma jeunesse, alors pardi il y a longtemps) elles proliféraient sans vergogne. Et c’est bon des cuisses de grenouilles au beurre. Il y avait aussi une grosse couleuvre qui prétendait « bouffer » nos grenouilles, quand je l’ai croisée, elle a pris un coup de trique, non mais !

Cette mare nous a servi pour diverses raisons : réserve d’eau bénite, viviers de poissons, partie de pêche et lieu de rendez-vous… quand les blés étaient hauts, qu’est-ce qu’on était tranquilles !

mjmheron Un jour, un très joli héron (au long bec emmanché d’un long cou) est venu prendre sa part de petits poissons. Il est demeuré près de nous pendant au moins un quart d’heure.

Nous y avons rencontré un ragondin ou bien un rat musqué, je ne sais pas ; une chose, il avait une queue ronde et non plate, ce n’était donc pas un castor. Bien sûr, il ne nous avait pas demandé la permission de loger dans notre mare, alors, il a été reçu au lance pierres avec des billes et des boulons. Il a fini par émigrer ailleurs. Non mais quand même !

Cette mare était notre domaine et je vous expliquerai bientôt tout ce que nous en tirions.

À suivre…

mjmragondin

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