MJ Masson : Souvenirs de gosse (7)

Notre grand reporter perrotin et d’ailleurs, d’ailleurs, nous fait le grand honneur d’une chronique de “souvenirs de gosse”. Les illustrations sont issues des trésors de Michel Jack auquel La fargussienne et ses lecteurs du monde entier adressent un chaleureux M.E.R.C.I !

Souvenirs de gosse (7) :

La cour de l’école donnait sur la rue du Moulin (aujourd’hui rue de l’Église), il n’y avait pas de porte donnant dans cette rue, mais une magnifique grille à hauteur d’enfants. Lors des récréations, nous étions souvent du côté de celle-ci car, en fait, c’était le seul endroit de l’école où nous avions une vue sur le village.

Cette rue jouxtant l’église et le Presbytère conduisait vers Auffargis et Saint-Benoît via le passage à niveau de la S.N.C.F. et était très fréquentée par les villageois.

Quelques fois y passait un brave homme, un peu âgé, mais pour un gosse les gens sont des vieux dès qu’il passe la vingtaine, je le revois encore avec son chapeau, sa canne de bois et sa moustache abondante. Ce Monsieur avait un nom prêtant à moquerie de notre part, en vrai après déformation gouailleuse. Alors, quand il passait dans la rue au moment des récréations, sur un signal bref et bien connu des nous autres, tous se précipitaient à la grille et nous saluions ce brave homme d’un : « salut père la prune ! » ce qui le mettait immédiatement hors de lui et agitait sa canne en notre direction en nous menaçant d’aller le dire à nos parents et à la maîtresse d’école. Et nous, petits fripons bien protégés derrière la grille, on le saluait de plus belle « salut père la prune, salut père la prune ! ».

La maîtresse donnait alors un grand coup de sifflet, nous grondait sévèrement nous disant que le nom de ce Monsieur n’était pas « père la prune, mais Monsieur Pre….. ! ». Nous faisions profil bas parce qu’entre nous et la maîtresse il n’y avait pas de grille protectrice. Mais cela ne nous empêchait nullement de recommencer à la première occasion.

Plus tard, je me suis demandé pourquoi et surtout qui l’avait ainsi surnommé, était-ce les petits chenapans que nous étions ? Nos aînés ? Et je me souviens que nos parents nous disaient : « respectez ce Monsieur, il ne s’appelle pas « père la prune », son nom est Monsieur Pre… ! ». tiens, tiens, eux aussi connaissaient son surnom ! Alors c’était la tradition de l’appeler ainsi ? Même par nos parents ? C’est vrai qu’eux à notre âge… mais oui, mais oui.

Aujourd’hui, je prie son âme de bien vouloir nous pardonner notre ignoble cruauté. Je crois quand même que lui aussi se piquait au jeu, car lorsqu’on le croisait dans la rue, il ne manifestait aucune attitude vindicative à notre égard !

À suivre…

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